LES POMMIERS ( France, Normandie )
1 : Quand les récoltes sont rentrées, et que l'hiver est revenu,
Des arbres en files serrées, se déroulent sur le sol nu,
Ils n'ont pas le port droit des Ormes, ni des chênes, les hauts cimiers,
Ils sont trapus, noirs et difformes, pourtant, ils sont beaux nos pommiers.
2 : Leurs rangs épais couvrent la plaine, et la vallée et les plateaux,
En droite ligne et d'une haleine, ils escaladent les coteaux
Tout leur est bon, le pré, la lande, mais s'il faut du sable aux palmiers,
Il faut de la terre Normande, à la racine des pommiers
3 : Quand mai, sur leurs têtes arrondies, pose une couronne de fleurs,
Les filles de la Normandie, n'ont pas de plus fraîches couleurs
Leurs floraisons roses et blanches, sont la gloire de nos fermiers
Heureux qui peut voir sous leurs branches, crouler la neige des pommiers
4 : L'automne vient qui les effeuille, les pommiers ont besoin d'appui,
Et leurs grands bras pour qu'on les cueille, jusqu'à terre inclient leurs fruits
Eve fut prise par leurs caresses, ils la tentèrent les premiers,
Gloire à la grande pêcheresse, l'amour est né sous les pommiers.
5 : Leurs voix,leurs chansons, leurs murmures, ont enchanté mes premiers jours,
Et j'ai plus tard sous leurs ramures, connu mes premiers amours.
Que l'on y porte aussi ma bière et mon corps sans drap ni sommier,
Dans un coin du vieux cimetières, dormirait bien sous les pommiers.